La cold-wave, en tant que courant musical européen, se développe sur les cendres du punk en 1978/79.
Si le terme en vient vite à être associé à une new-wave froide et intellectuelle en opposition à une new-wave commerciale et facile, le genre possède ses qualités propres, invitant à des danses du désespoir, cliniques et modernes, dépeignant des univers sonores psychiatriques, dépouillés et aseptisés, où les sentiments de vie perdent toute signification.
Les groupes se nomment Joy Division, The Cure, Tuxedomoon ou Minimal Compact et s’inspirent souvent de la grisaille des grandes villes, du romantisme urbain de Kraftwerk, de la période berlinoise de Bowie, du minimalisme malsain de Suicide ou des incantations lugubres de Nico.
Ils explorent l’aliénation
et l’oppression individuelle avec un souci esthétique
évident et à grand renfort de synthétiseurs,
basses vrombissantes, boîtes à rythmes, batteries
électroniques, sonorités graves et bruits industriels.
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La
lancinance du vide se ressent dans des voix monocordes et
douloureuses, des textes qui ne sont qu’un collage de
mots dénués de tout sens, des bruits et des
sons qui frisent parfois l’expérimentation.
Néanmoins, si certains de ces groupes dans leur dimension à fleur de nerfs peuvent apparaître difficiles d’accès,
cela ne les empêche pas d’être dansants
ou de faire preuve d’un humour noir, grotesque et cérébral.
Le mouvement a connu son heure de gloire tout au long des années 80, mais même si les scènes anglaises, allemandes ou hollandaises sont remarquables, la scène française et francophone fut non seulement très importante mais aussi très riche.
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Rédacteurs
:
Y. Blay, M. Glénadel, M. Lachaud,S.Leguay, C. Lorentz
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